Le festival tifawin 2007 dans la vallée d'ammelne

img46c4dec04c2b4Du 9 au 15 Aout, la région de tafraout a été au rendez-vous avec la deuxième édition de son grand festival Tifawine. Des festivités qui ont fait sortir toute une région d’une diapause estivale tant imposée par les fortes chaleurs qu’a connu la région depuis le début d’été. La fête la joie sont ressentis partout dans la magnifique vallée d'ameln. Une large partie de l’Anti-Atlas a fêté  l’événement. La tête de lion en amont de la vallée et qui la gardait depuis toujours semble perdre son rythme nocturne habituel  face aux  éclats de lumière de Tifawine qui ont éclairé sans cesse et durant toute une semaine ce biotope de nature calme.Malgré quelques insuffisances, une année après sa première mise sur les rails, le festival de Tifawine a connu en sa deuxième édition une relance certaine et  tend  à prendre  une dimension nationale.Imazighen du souss profond ont fait une autre fois  preuve de leur  détermination à promouvoir la culture de leurs ancêtres sans exclure la diversité culturelle du Maroc,  sans discrimination et avec beaucoup de justesse.

  Après le plus grand plat de Lebsiss, l'événement du plus grand Aduku de la région  ainsi que les œuvres sur scène quinormal_P1010009 l’ont accompagné a suscité l'intérêt d’une large catégorie de public, toutefois  et pour une bonne promotion de cette spécialité locale, il serait intéressent  de donner à cet événement une dimension plus importante. On aurait faire mieux, par une forte représentativité de cet artisanat au niveau du village du festival. On a constaté l'absence d’ateliers artisanaux illustrant ce métier de babouchier Bidoukane et les étapes de fabrication de ce produit. On aurait dû aussi penser à inciter les enfants de tafraout à porter Idoukane, donc au lieu du gigantesque Aduku pourquoi pas des petits et minutieux Idoukane  à tailles enfantines et à prix promotionnels, le sponsoring ne fessait pas défaut, dans un souci d’encourager le port de ce produit par les générations futures. Mais semble t qu’il n’est pas encore temps de penser a l’enfant et a ses nombreux problèmes.

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Les moments forts du festival étaient nombreux et significatifs, mais les plus émotionnels  étaient la reconnaissance et l’hommage aux diverses figures amazigh tel l'haj Belaid, Amina SOUSSI, Mbarek AYSSAR, Belyazid d'Izmaz,…

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(Amina Soussi )                                       (Mbarek Ayssar)

L’intervention de Amina Soussi était plus significative et bien appréciée par le public Tafraouti, l’ancienne  figure de l’audiovisuel  national, originaire de la région, s’est adressée spontanément en arabe classique au public pour manifester son regret de ne pas avoir donnè à la cause amazigh et a sa langue maternelle, tout au long de sa carrière, l’importance qu’elles  méritaient.

L’évolution pour la première fois  à Tafraout du groupe Nass Elghiwane et l’interaction positive avec les Tafraoutis avait même poussé Batma à traduire certains fameux chants en tachelhit fin ghadi bia Khoya……manisitrite atagwmate… en attendant avec impatience leur promesse d’interpréter leur première chanson en tamazight.

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(moha Oulhoucine et Amentague)                           (Rachid batma de Nass al ghiwan)

Le rythme d'Ahidouss du moyen atlas rejoint L'ahwach de l’anti, le grand maestro moha Oulhoucine était bien au rendez vous et même très impressionné par l'accueil chaleureux desTafraoutis.

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       troupe de moha Oulhoucine

Et si  Amentague manifeste encore sa timidité d’expression dans des circonstances pareilles, le maestro moha n’a pas hésité à défendre les intérêts des artistes amazighs, et a même exprimé son exploitation abusive au nom de la culture amazigh dans pas mal de festival. Espérons ne pas être le cas dans la valee d’ameln.

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     Raiss Amentague et sa troupe                                             Amouri Mbark

La  cohabitation des cultures a été bien marquée sur scène, des chanteurs et chanteuses sahraouis ont interprété au rythme hassani malaxé  à l’amazigh.

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Le long de la semaine les 33 lettres de l’alphabet amazigh ont pu visiter  par le biais d’une caravane l’ensemble des communes de la région dans un souci de culture amazighe de proximité. Des olympiades sur l’écriture en tifinagh étaient organisées. Des débats très  chauds ont été animés et sur les potentialités de la région et sur la culture amazighophone mais l'audiance reste à désirer  faute, certes, du manque d’information sur l’organisation de ces rencontres.

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Au niveau du  local du souk hebdomadaire, converti en  village du festival, standaient quelques  associations et coopératives qui mettaient en valeur les produits de tiroir de la région.Omniprésent, le stand de L’association Mohamed khair Eddine a largement  mérité l'intérêt qui lui a été accordé par les visiteurs. Le stock des œuvres du fils de Tafraout a été épuisé depuis la deuxième journée,  avec une  qualité pareille  les Tafraoutis sont de véritables lecteurs. Avec le nouveau bureau de l’association un nouveau souffle,  largement jeune, a fait preuve d’une détermination exemplaire pour l’épanouissement de la culture amazighe.Les associations de la région ont plus ou moins contribué directement ou indirectement au succès du festival  pour prouver  une autrefois la dépendance quasi-totale du développement de la région à l’engagement  de la société civile. L’association AIDECO a bien fait d’organiser une réception, qui coïncidait avec la semaine du festival, au profit du groupe de voyage de l’association Asays.

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(association asyas Chez L’association AIDECO )

Des associations à poids national ont aussi contribué effectivement au festival,  en l’occurrence le professeur Khalid Alayoud de l’association Tiwizi et Azor et Abdellatif Essayed de l’association Argane illalen,  qui  ont manifesté leur engagement total à faire partager leurs expériences dans l’action associatif à l’ensemble  des associations de la région. Des ateliers très constructifs et bien appréciés par le public cible ont été organisés avec tant  de volontarisme que de professionnalisme. Une documentation de valeur a été mise à la disposition de l’équipe tafraout.org et sera publiée  prochainement. L’apport en savoir faire et L'image humaine de ces deux militants associatifs ne quitterait certainement pas  l’esprit des jeunes Tafraoutis.

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(le professeur Khalid Alayoud de l’association Tiwizi et Azor et Abdellatif Essayed de l’association Argane illalen)

Le sujet de l’eau,  source de vie, et quoi que sa punerie est d’actualité au Maroc et dans la région en particulier, est le plus grand absent de ce festival. Peut être que les dernières averses qu'a connu la région ont vite fait oublié aux organisateurs l’un des grands défis de la région.En guise de conclusion, Tifawine comme festival ,sous condition d'y apporter les régularités nécessaires ne peut qu’être un volet  incontournable pour le développement socioculturel et économique  de la région. Le festival doit être Tifawine au vrai sens du terme, pour mieux éclairer  les esprits des  élites et des décideurs de Tafraout et par conséquent  les chemins vecteurs de développement durable. Des irrégularités majeures ont été soulevées en matière d’animation au moins en comparaison avec la première édition, un retour de Tanirt est souhaité.

Mehdi ayche         

Ahmed Ghali

Houcine Boutam

Ladak

source : www.tafraout.org